dimanche 2 mars 2014

Alex + Ada #1-3


C'est un de mes coups de cœur du moment, cette nouvelle série chez Image, "Alex + Ada".
D'abord parce que graphiquement, c'est juste superbe. Jonathan Luna a un trait plutôt de style "européen", très stylisé, et pourtant assez expressif, qui s'adapte tout à fait au sujet. La mise en page est assez innovante, il n'a pas peur des planches muettes, ou au contraires chargées en texte, ou très répétitives.



L'histoire, co-écrite avec Sarah Vaughn, part d'un pitch provocant et fécond : Alex, jeune cadre célibataire dans un futur proche, se retrouve propriétaire d'un robot de compagnie, Ada. Bien évidemment, la relation entre les 2 ne va pas être aussi simple qu'on pourrait le croire...
Dans les 2 premiers numéros, on comprenait comment Alex en était arrivé à avoir ce robot chez lui, ce que pouvait être la vie quotidienne avec, et pourquoi il décidait finalement de ne pas le retourner à son fournisseur.



Dans ce 3ème numéro, on commence à mieux comprendre le thème des limitations qui ont été mises à la programmation des robots dans leur comportement quotidien, et Alex rejoint finalement une sorte de forum de libération des robots...
Autant dire qu'on en a plus que l'eau à la bouche et qu'on attend impatiemment les prochains numéros.
Fortement recommandé.

Reality Check #4 : conclure avec brio


Jolie fin que celle de la mini-série Reality Check de Brunswick et Bogdanovic.
On avait laissé Will le héros et son ex Alison qu'il aime toujours en bien mauvaise posture, face à un méchant très méchant, et son ange gardien superhéroïque défait.
C'est bien entendu en lui-même que Will va trouver la force de redresser la situation, en arrêtant de ressasser les frustrations de son passé, et en prenant son destin en main. Et tant pis si Alison part avec John et laisse Will seul. Sauf que...
Brunswick emballe avec brio la conclusion de son histoire, et Bogdanovic nous livre sans doute le meilleur numéro, avec quelques planches particulièrement réussies; il trouve ici un bon équilibre entre réalisme et cartoon qui faisant peut-être un peu défaut aux numéros précédents.
On continuera donc à suivre ces 2 talents.

samedi 1 mars 2014

Inhumanity #1 : un coup pour rien

Pas très convaincant ce one-shot Inhumanity de Matt Fraction et Olivier Coipel. Pourtant, le pitch de ce cross-over est plutôt intéressant, en résumé les Inhumains vont se multiplier sur Terre, ce qui nous fera donc les humains, les mutants et les Inhumains. On voit bien le potentiel.

En revanche, que ce numéro est bavard et statique ! Certes, on rattrape bien toute l'histoire, mais au prix d'une exposition lourdingue et à vrai dire bien ennuyeuse. Et le pauvre Coipel fait ce qu'il peut pour rendre tout ça graphiquement valable, avec un certain succès, mais qui ne rattrape pas un scénario paresseux et un manque d'intérêt flagrant pour les personnages. Le pire étant que c'est, au mieux, le lancement de la série "Inhumanity : Medusa", au pire un coup pour rien.

Avengers A.I #6-8 : que la fête continue !


Il faut l'avouer, je commence à être véritablement fan de cette improbable série Avengers A.I. On en est toujours dans le 1er arc au numéro 8, qui s'en soucie vraiment tant que l'histoire est bonne. Et puis il fallait bien consacrer 1 ou 2 numéros au crossover Inhumanity (on y reviendra dans un autre post).
Si la "révélation" du vrai visage de Dimitrios dans le #6 est un peu ridicule, le reste est un vrai plaisir, en particulier la scène de "bataille reboot" entre Dimitrios et Vision, où à chaque case ou presque ils changent d'apparence et de combat, ou encore l'interview de Vision (Sam Humphries est très subtil sur l'aspect communication dans sa série, sur la réputation des I.A).

Puis Humphries se tire avec un certain brio dans le #7 du crossover imposé avec Inhumanity, avec un zoom sur Doombot, qui confirme qu'il est un des personnages les plus réussis et intéressants de la série. Le duo avec Daredevil est proche du ridicule, comme le dessin de celui-ci. Mais quel éditeur a pu avoir l'idée saugrenue de marier ces 2 univers qui n'ont rien à voir ensemble ?
Enfin, le #8 nous remet au coeur du Diamond, le plus intéressant restant la relation plus que tendue entre Captain America, plus obtus que jamais, et un Hank Pym à la fois bipolaire, dépressif et avocat des I.A, plus attachant qu'en 50 ans de comics Marvel. Un vrai beau travail de scénariste.
Aux dessins, Araujo reste magistral, en particulier (je me repète) dans les scènes du Diamond, où l'onirisme et la technologie se mélangent avec bonheur. Et encore une magnifique couverture pour le 8 (en haut de post...).
Plus que chaudement recommandé.

dimanche 16 février 2014

All-New Invaders #1-2 : faire du vieux avec du vieux


Ce qui m'intéressait dans cette nouvelle série Marvel, c'était à la fois de voir comment James Robinson, auréolé d'un beau succès dans la construction du nouvel Earth 2 de DC, allait aborder l'univers Marvel. Et aussi ce qu'il pouvait faire avec ce concept rétro en diable mais assez porteur des Invaders, l'équipe super-héroïque des années 40.

La réponse est malheureusement claire : rien d'intéressant. Le trait de Steve Pugh est propre, net, parfois maladroit, falot et vite oublié. Le scénario, en 2 épisodes, tient sur un timbre poste. Aucun véritable enjeu n'est posé. La narration semble s'être oubliée il y a 25 ou 30 ans. Tout est trop bavard. Bref, cela n'a rien d'All New, on oserait presque un "Nothing new" ou "Same old Invaders"...

Magnifique couverture du #4


Seule vraie réussite : le personnage de Human Torch (ça tombe bien, c'est le seul sur lequel il doit avoir une certaine latitude d'action, les autres étant trop emblématiques pour qu'il les touche). Mais bien aborder 1 seul personnage en 50 pages, ça ne justifie pas de suivre une série. Sorry James.

dimanche 9 février 2014

Black Widow #1 : un démarrage en fanfare

Oui, même chez la multinationale Marvel, sur le démarrage d'un titre solo consacré à un personnage relativement important (parce qu'elle est dans LES FILMS...), on peut avoir de bonnes surprises et sortir un peu du ronron mainstream.
La paire Nathan Edmondson / Phil Noto fait merveille, à vrai dire surtout Phil Noto qui nous livre un numéro magnifique. Le scénario est un peu convenu autour d'un thème bad ass / espionne / passé trouble, mais la narration est bien enlevée et pas ennuyeuse pour 2 sous.



Ce qui soulève l'enthousiasme ce sont les dessins de Noto, qui nous livre en une vingtaine de planches un véritable florilège : des splash pages affolantes, une narration ultra maîtrisée, des visages magnifiques, un sens du détail poussé, une colorisation originale et  très convaincainte (à vrai dire, il fait tout lui-même, dessin, encrage, couleur).
Le seul risque, c'est qu'il ne tienne pas la cadence d'un numéro par mois; pour le reste, c'est un ultra buy !

Young Avengers #14-15 : Un bel au revoir


Kieron Gillen l'explique en long en large et en travers : il avait raconté l'histoire qu'il voulait raconter en 15 épisodes, il n'avait pas d'autres idées en stock pour cette équipe, il a préféré raccrocher les gants là.

Et même si l'on n'est pas vraiment sûr que le staff de Marvel ne l'ait pas un peu incité à arrêter là, on se dit qu'en effet il a livré un récit complet, cohérent, très maîtrisé. Très clairement, une histoire finalement assez osée sur l'orientation sexuelle, la recherche de son identité, la prise en main de son destin. Avec, ce qui  ne gâche rien, les marqueurs d'un récit comics maîtrisés: des personnages fouillés, une mise en page innovante, un style graphique identifiable. Une vraie réussite donc.

Dans ces 2 derniers épisodes, pas d'action au sens déjà passablement éventé du terme des épisodes précédents : nos héros adolescents font la fête pour célébrer leur victoire, et discutent les uns avec les autres. Ce qui pourrait n'être qu'une succession de dialogues gnan gnan est assez bien traité par un découpage assez inventif; et la succession de 4 équipes graphiques différentes par numéro est pour une fois bienvenue, donnant une ambiance différente à chaque passage. Une belle manière de conclure en beauté cette série.