lundi 21 juillet 2014

Real Heroes #1-3 : Hitch rate son coup



Mes fidèles lecteurs l'auront remarqué, j'avais particulièrement apprécié la dernière mini-série de Bryan Hitch, America's got Powers, avec Jonathan Ross au scénario.(mes critiques du numéro 2, numéro 3, numéro 5 et bilan final du numéro 7)
L'annonce du pitch de ce "Real Heroes" m'a donc bien sûr attiré, ces acteurs d'un film de super-héros qui deviennent eux-mêmes super-héros dans une dimension parallèle. C'est malin, fun, et ça a le potentiel pour de nombreux développements intéressants sur la société de spectacle, sur le courage, sur le rôle d'acteur et je ne sais quoi d'autre, le tout dans une mini-série de 4 titres.

Malheureusement les meilleurs pitchs ne font pas toujours des bons comics, et ce Real Heroes patauge lamentablement au bout de 3 épisodes. En cause, tout d'abord, une caractérisation des personnages bien faiblarde; ils restent au niveau de simples clichés, peu travaillés, avec un manque complet de détails vivants; si bien qu'on ne s'y attache pas du tout.



En 2ème lieu, comme le dit judicieusement Edward dans sa chronique sur Unleash the Fanboy, "un titre qui commente ouvertement le genre "superhéros" doit s'assurer de ne pas le devenir lui-même". On est loin d'être convaincu qu'il y arrive ici.

De plus, la gestion du récit et du rythme est également à revoir, c'est soit beaucoup trop lent, soit beaucoup trop rapide; et la compréhension des ressorts psychologiques de l'histoire plus que confuse.

Les dessins de Hitch eux-mêmes, qui sont normalement une valeur sûre, paraissent ici un peu plus brouillon qu'à l'habitude, comme si lui-même n'y croyait pas trop mais qu'il fallait honorer la commande ou le contrat signé. Le couverture du numéro 3 parle pour elle-même je crois :



Car ce qu'on voit là, c'est tout simplement que Hitch est bien meilleur dessinateur que scénariste. La prochaine fois, il vaudra mieux qu'il partage les royalties avec un vrai auteur...


dimanche 20 juillet 2014

The Sidekick #3-6 : déconstruction et humiliation d'un super-héros...




Sidekick 3
Au mois d'octobre dernier, j'appréciais le lancement d'une série toute en déconstruction du genre, mais avais peur de m'ennuyer un peu dans une série où l'on s'attacherait peu au personnage.

4 numéros plus tard, je dois reconnaître que ce vieux renard de Straczynski a bien mené sa barque. Au lieu d'un comic second degré il s'est embarqué dans le récit de la déchéance, de l'humiliation, bref de la chute de son "héros", le fameux sidekick, sans qu'on en voit bien les tenants et les aboutissants.

Sidekick 4, variant Avon Oeming


On imagine bien qu'il va s'agir de vengeance, de manipulation, de sombres secrets personnels, mais pour l'instant JMS a réussi à déjouer les attentes et c'est plutôt bon signe; le dernier #6 montrait d'ailleurs le personnage sous un nouveau jour assez inattendu et réjouissant à lire dans un comics grand public, et peut-être pour la première fois dans la série avec un "vrai" combat de super-héros...

Sidekick 6


Le trait de Tom Mandrake, que je trouvais au démarrage beaucoup trop classique, me semble en fait bien adapté à cette histoire, qui adopte une narration classique pour un sujet qui l'est beaucoup moins, tout en lui donnant un côté vintage finalement assez réussi, et avec de belles réussites graphiques comme cette couverture du numéro 5 :

Sidekick 5; couverture Tom Mandrake


Une série que je continue à suivre donc.

MPH #1-2 : C'est lourd, c'est fun, c'est bon...



Les bonnes âmes de la critique comics n'aiment guère Mark Millar. Tout juste du bout des lèvres un "Old Man Logan", le 1er volume de Kick Ass (avant la sortie du film bien sûr)...Depuis, il est de bon temps de cracher dans la soupe de ses productions, que ce soit Nemesis, les volumes suivants de Kick-Ass. Trop vulgaire, trop grand public, trop racoleur, trop prévisible, trop grosse tête et m'as-tu-vu.

Je dois avouer que je ne partage pas totalement cet avis. Il est certes parfois un peu dans le cliché et dans la facilité, mais il a aussi un don de conteur assez hallucinant, une sensibilité à l'air du temps réelle, et quand on gratte un peu sous le vernis, de vraies thématiques sont traitées (la mobilité des classes sociales par exemple dans son "The Secret Service"...), et puis aussi et surtout du FUN à lire...Ici, un jeune détenu découvre par hasard une drogue dans les effets sur ceux qui la prennent sont d'arrêter le temps, et donc de lui donner une super vitesse.



Ce "MPH" ne fait pas exception à la règle. En 2 numéros, la situation est posée, les personnages ont une histoire, le développement est régulier et logique, on pressent ce qui pourrait arriver mais on n'en est pas sûr, on a envie de lire la suite, on trouve ça dommage que ça se limite à 4 numéros... Bref, du bon boulot.

Le dessin de Duncan Fegredo n'appelle de commentaires particuliers, au delà de "standard comic book artist" qui a rendu un honnête travail, dans le genre "réaliste cartoony". Millar n'avait sans doute pas envie de dépenser trop dans le dessin.



dimanche 13 juillet 2014

Brain Boy - The Men from Gestalt #1-2 : du fun vintage



Le "Brain Boy" de Fred Van Lente et Freddie Williams II sorti chez Dark Horse en début d'année était une heureuse surprise, pas géniale certes, mais une bonne petite série sympa, fun, tirant un bon parti d'un pitch de télépathie, et surtout avec le trait dynamique, acéré et cartoon à la fois de Williams.

Pour une raison étrange, la série on-going était en fait une mini série, qui s'est presque instantanément poursuivie par une nouvelle mini-série de 4 numéros qui en prend la suite logique. Les décisions éditoriales...



A vrai dire, tout cela n'est pas très grave, ça continue à se lire extrêmement bien, les personnages se posent, les idées fusent, le dessin s'améliore encore; bref on espère que d'autres mini-séries vont suivre !

lundi 23 juin 2014

The Woods #1 : un mélange peu convaincant



En un mot comme en cent, James Tynion IV n'a pas remporté mon adhésion dans ce premier numéro de sa nouvelle série. Le mix science-fiction / horreur était risque et pour moi ne fonctionne pas; le contexte est trop rapidement posé, les personnages pas vraiment attachants, on a l'impression d'arriver 20 mn après le début du film, et encore de rater des séquences entre temps.
Les dessins de Michael Dialynas ne sauvent rien, trop cartoony voire européens à mon goût, et pas du tout horrifiques si c'était un des buts de la série.
A ne pas suivre donc.

dimanche 2 mars 2014

Alex + Ada #1-3


C'est un de mes coups de cœur du moment, cette nouvelle série chez Image, "Alex + Ada".
D'abord parce que graphiquement, c'est juste superbe. Jonathan Luna a un trait plutôt de style "européen", très stylisé, et pourtant assez expressif, qui s'adapte tout à fait au sujet. La mise en page est assez innovante, il n'a pas peur des planches muettes, ou au contraires chargées en texte, ou très répétitives.



L'histoire, co-écrite avec Sarah Vaughn, part d'un pitch provocant et fécond : Alex, jeune cadre célibataire dans un futur proche, se retrouve propriétaire d'un robot de compagnie, Ada. Bien évidemment, la relation entre les 2 ne va pas être aussi simple qu'on pourrait le croire...
Dans les 2 premiers numéros, on comprenait comment Alex en était arrivé à avoir ce robot chez lui, ce que pouvait être la vie quotidienne avec, et pourquoi il décidait finalement de ne pas le retourner à son fournisseur.



Dans ce 3ème numéro, on commence à mieux comprendre le thème des limitations qui ont été mises à la programmation des robots dans leur comportement quotidien, et Alex rejoint finalement une sorte de forum de libération des robots...
Autant dire qu'on en a plus que l'eau à la bouche et qu'on attend impatiemment les prochains numéros.
Fortement recommandé.

Reality Check #4 : conclure avec brio


Jolie fin que celle de la mini-série Reality Check de Brunswick et Bogdanovic.
On avait laissé Will le héros et son ex Alison qu'il aime toujours en bien mauvaise posture, face à un méchant très méchant, et son ange gardien superhéroïque défait.
C'est bien entendu en lui-même que Will va trouver la force de redresser la situation, en arrêtant de ressasser les frustrations de son passé, et en prenant son destin en main. Et tant pis si Alison part avec John et laisse Will seul. Sauf que...
Brunswick emballe avec brio la conclusion de son histoire, et Bogdanovic nous livre sans doute le meilleur numéro, avec quelques planches particulièrement réussies; il trouve ici un bon équilibre entre réalisme et cartoon qui faisant peut-être un peu défaut aux numéros précédents.
On continuera donc à suivre ces 2 talents.